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Trading social : le bénéfice du doute

Trading social le bénéfice du doute

Le trading deviendrait-il fraternel ? Quelle drôle d’idée ! Comme si les traders du monde entier voulaient se donner la main pour gagner ensemble ! Comme si les vieux sages de la bourse allaient livrer gracieusement tous leurs secrets. Bien sûr, des analystes financiers célèbres comme Warren Buffet, trouvent depuis toujours écho auprès d’une masse d’investisseurs. Mais plus que des citations ou des règles d’or, le trading social promet d’exhiber, aux yeux de tous, les moindres transactions des maîtres de la finance. À mi-chemin entre plateforme de trading et réseau social, ce nouveau mode de négociation, pourrait rivaliser, avec l’analyse technique et l’analyse fondamentale.

Les courtiers font leur show

En coulisse, on tombe sur des courtiers comme Etoro avec son « OpenBook » et également des « pure-player » comme Zulutrade et Curensee qui branchent leurs interfaces sur un broker partenaire.

Sur scène, les traders expérimentés endossent le rôle de « signal provider » et affichent en temps réel les détails de leurs transactions.

L’auditoire attentif apprécie les performances et réagit par mimétisme. Le public choisit son scénario : reproduction manuelle de positions choisies ou copie automatique de toute la stratégie. Trader les yeux fermés devient alors possible.

Le trader aux alouettes

« Vous ne devez pas étudier ou surveiller le marché… des fournisseurs de signaux le font à votre place … les meilleurs et plus talentueux experts » nous annonce Zulutrade, un des leaders du secteur. Les spéculateurs semblent donc assurés que leur capital est entre les mains d’investisseurs efficients, des icônes de la bourse qui raflent la mise à tous les coups.

L’organisateur annonce « de 100 $ jusqu’à 1 million $ par mois », pour les traders référents, par le biais de commissions sur chaque passage d’ordre des suiveurs. Le casting pourrait se révéler draconien, mais il est en fait ouvert à tous : les coordonnées habituelles et une simple description de la stratégie suffisent.

Ces fameux « leaders » sont ensuite classés par popularité et performances.

Le doute plane sur les prouesses affichées : Ces chiffres, fournis par le trader, ne concernent qu’un seul compte de trading. Rien n’empêche un opérateur de créer plusieurs profils de “Gourou” et de tester différentes tactiques à court terme avec un fort effet de levier. Il s’en dégagera forcément un compte gagnant pour appâter les suiveurs qui découvriront la date de péremption à leurs dépens.

À qui profite le trade ?

Peut-on croire que les suiveurs génèrent des gains exponentiels sans bouger le petit doigt ? Et combien gagnent ces pseudos virtuoses qui affichent des performances de négociations à plus de 1’000 % ? Pour sûr, les organisateurs de ces réseaux virtuels profitent sur les 2 tableaux en ponctionnant chaque transaction.

Le principe de ces nouvelles interfaces est louable, il permet plus de communication entre les investisseurs et fournit des d’informations techniques complémentaires aux spectateurs prudents.

Mais en dehors des moutons de Panurge qu’il accueille, peut-on compter sur le trading social pour humaniser les marchés ou camper sur la cynique devise de Montaigne : “Le profit de l’un est le dommage de l’autre“?

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