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Hausse du prix de l’Or : un retour en grâce qui pourrait durer

Le retour en grâce de l'or

Le métal jaune a retrouvé la faveur des investisseurs après être quasiment tombé dans l’oubli pendant quatre années. Le cours de l’or en euros atteint désormais des niveaux jamais vus depuis son envolée d’après la crise des subprimes en 2008 et son pic de 2012. Un retour en grâce qui s’explique par un contexte très favorable et qui pourrait perdurer.

L’or en Euros à son plus haut niveau historique

L’or a repris de son éclat. Depuis le mois de novembre 2018, et depuis le début de l’année 2019 le cours du métal précieux ne cesse de s’apprécier. A un peu plus de 850 € l’once lors du creux de 2013, il est revenu à son niveau d’octobre 2012. Sur un an, la hausse de l’or en euros est de 33%, elle intervient après quatre années de quasi stagnation du cours entre janvier 2014 et septembre 2018.

Une hausse dont le métal jaune profite seul. En effet, l’or n’est pas une matière première comme les autres car, outre ses qualités industrielles, il fait toujours office de monnaie de réserve mondiale, même s’il ne joue plus ce rôle officiellement depuis 1971. L’or, dont le cours évolue habituellement en sens inverse de celui du dollar, a ainsi profite des tensions géopolitiques et des perspectives d’un ralentissement de l’économie mondiale dès 2020.

Toutefois, d’autres raisons plus structurelles sont également à l’origine de la reprise du cours du métal précieux.

Des capacités de production inférieures à la demande

Depuis des années, la production d’or mondiale a tendance à stagner, et malgré le rebond des prix, elle peine à répondre la demande grandissante, notamment en Inde et en Chine, premiers consommateurs d’or au monde. La baisse des cours sous 1200 $ a découragé les efforts d’exploration et il faut plusieurs années entre le moment où un gisement est identifié et sa mise en production.

Bien que la Chine et l’Australie aient nettement intensifié leur production, l’offre reste inférieure à la demande en joaillerie et des investisseurs, ces derniers représentant 38% de la demande. De leur côté, les investisseurs institutionnels ont eu tendance à revenir sur l’or ces derniers mois, notamment par le biais de trackers garantis par de l’or physique, a nouveau considéré comme un support d’investissement.

Quant à la demande industrielle, elle se montre dynamique en raison des besoins croissants pour la fabrication de puces électroniques.

La ruée vers l’or des banques centrales

Acteurs importants du marché de l’or, les banques centrales, qui en vendaient plus qu’elles n’en achetaient jusqu’en 2010, changent progressivement de comportement. Certaines banques centrales, en particulier en Asie et au Moyen-Orient accumulent leurs stock de métal jaune afin de diversifier leur réserve de change dans une volonté de moins dépendre du dollars.

La Chine et la Russie s’inscrivent particulièrement dans cette démarche dans le but de renforcer la confiance dans le Yuan et le Rouble. En 2018, la hausse des achats d’or à été de +74% pour toutes les banques centrales réunies. La 2ème et 12ème puissances économiques mondiales que sont la Chine et la Russie ont dépassé les 1000 tonnes de réserve d’or. La Russie cumulant à elle seule 274 tonnes supplémentaires, un niveau jamais atteint jusqu’alors.

Une valeur refuge par excellence

Par ailleurs, l’or fait traditionnellement office de valeur refuge en période de troubles géopolitiques ou en période d’assouplissement monétaire. Récemment, l’or a bénéficié de la guerre commerciale ouverte des Etats-Unis contre la Chine et des vives tensions avec l’Iran sur le nucléaire.

Enfin, le métal jaune constitue une alternative aux principales monnaies. Les trois devises les plus importantes montrent des fragilités structurelles. Le dollar souffre du déséquilibre de la balance des paiements américaine tandis que l’euro est marqué par le manque de dynamisme de l’économie. Enfin, le Yen pâtit des craintes d’un nouveau cycle déflationniste au Japon.

Un contexte toujours favorable

Le contexte paraît donc très favorable à une poursuite de la hausse de l’or à long terme. Mais après 8 mois de hausse soutenue, son potentiel d’appréciation à court terme reste limité. Proche d’une résistance majeure et historique, le prix de l’or risque d’opérer une phase de baisse. Attendre un repli vers la zone de support au alentour de 1220€ pour passer acheteur pourrait être une stratégie payante dans la perspective d’un climat politique et économique délétère : poursuite de la guerre commerciale, montée du populisme en Europe, possibilité d’une nouvelle crise économique mondiale majeure.

Dans ce cas, le cours du métal jaune libellé en euros pourrait pulvériser sa résistance de 1381 € l’once et atteindre des nouveaux sommets. Mais le métal jaune doit être considéré avant tout par l’investisseur comme un instrument de diversification de patrimoine afin de profiter de son absence de corrélation avec l’évolution des actifs boursiers.

A ce titre, la prudence impose de placer qu’une partie limitée, 3 à 5 %, de ses actifs en or. Pour ce faire, il est possible d’acheter des actions de mines, ou bien sur, d’acheter des lingots et pièces d’or via des revendeurs spécialisés.

Avertissement : les données et opinions de cette analyse ont été compilées à partir de sources réputées fiables. Cependant, Bourseo et ses différents intervenants ne sauraient être tenus pour responsables d’informations inexactes ou d’omissions relatives à cette analyse. Les scénarios possibles sont basées sur une étude graphique et technique de l’actif et les hypothèses concernant sont évolution future pourraient ne jamais se réaliser. En aucun cas les informations contenues dans cette analyse ne pourraient constituer un conseil en investissement au regard de la loi du 29 juillet 2005 relative à la négociation d’instruments financiers.

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