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Réflexions et conseils

L’addiction au trading, un risque négligé mais réel

Addiction au trading

Le monde de la finance revête une multitude de dangers qui peuvent affecter les néophytes comme les plus expérimentés. L’avidité de gains, la mauvaise gestion du capital, l’impatience, l’inaptitude à construire une stratégie efficace sont des facteurs nuisibles à votre réussite.

Malgré cela, il existe un aspect encore plus important, que beaucoup d’intervenants négligent et qui influence grandement les performances : la psychologie.

En effet, la psychologie humaine est complexe, les émotions sont nos pires ennemis si l’on n’apprend pas à les canaliser. Dans la peine comme dans le succès, le trading met en lumière nos défauts les plus primaires dont l’addiction fait naturellement parti.

La loi des émotions humaines

On peut facilement admettre que plusieurs séries de pertes consécutives soient décourageantes, au point d’induire une perte totale de confiance en soi. Ce genre de déconvenues pousse même souvent à l’abandon, mais qu’en est-il de ceux qui réussissent vraiment ? Tout comme pour les perdants, les gagnants sont sujets à des effets néfastes qui peuvent compromettre leurs futures décisions.

Les chemins de la décadence…

La nature humaine est régie par les émotions et nous sommes soumis à leurs lois qu’on le veuille ou non. Ainsi, un trader déficitaire éprouvera un sentiment de peur et se focalisera sur la crainte de la perte totale du capital et puisera sa motivation dans la quête de récupérer la somme initiale. La frontière avec l’addiction par le refus de l’échec est alors proche, surtout si le mauvais sort s’acharne. Qui plus est, cet attachement exacerbé au capital suscite la nervosité, l’appréhension, le stress, le tout agrémenté d’un manque de confiance induisant une perte totale de lucidité. Cet engrenage prend la forme d’une accumulation de prises de positions dans le seul espoir de pouvoir « se refaire ». Une piste de réflexion pour connaitre ses limites est disponible sur cet article et être utile : Peut-on accepter de perdre beaucoup quand on débute?

En revanche, un trader bénéficiaire éprouvera des sensations bien différentes. L’euphorie et la joie favorisant un sentiment de toute-puissance et d’invulnérabilité. Un état tout aussi néfaste à moyen terme et qui conduit à une forme d’addiction par la cupidité. Celle-ci prend la forme d’un envie frénétique de gagner toujours plus et d’une avidité d’argent sans limite. L’effet pervers se traduit par des analyses bâclées, des prises de positions intuitives, hâtives ou encore une augmentation de l’exposition au risque. Ce processus peut conduire dangereusement à la perte du fruit de plusieurs jours/mois de travail ou mener à la ruine.

De la passion à l’obsession

Jesse Livermore, un trader très connu et compétent du XIXème siècle avait déclaré : « C’est le besoin d’agir sans cesse et sans raison valable qui est la cause de tant de pertes à Wall Street, même chez les professionnels. Personne ne peut disposer de raisons valables pour acheter ou vendre tous les jours ». Son constat résume un mal profond qui menace chaque investisseur…

Bien que les marchés soient ouverts tous les jours à l’exception du weekend ou bien 24/24h pour le forex, il faut savoir que seuls quelques moments de la journée présentent des opportunités et invitent à des investissements rationnels.

Toutefois, un négociateur qui spécule par passion ne peut pas toujours se résoudre à attendre le moment propice. L’inertie des marchés, l’impatience et l’inactivité deviennent incompatibles et peuvent se transformer en un véritable supplice, la passion se transforme alors en obsession.

Bien que conscient que le moment n’est pas favorable pour entrer sur le marché, un intervenant « addicte » ressent au plus profond de lui-même un besoin irrépressible de prendre position quitte à s’éloigner de sa stratégie. Cette dépendance soudaine va alors baisser son niveau d’exigence et engendrer des erreurs de jugements qui les conduiront à des pertes successives.

Jérôme Kerviel, tristement célèbre en France pour son implication dans de lourdes pertes pour le compte de la Société Générale, avait relaté dans une interview : « À un moment donné, j’ai pété les plombs… j’étais déconnecté du réel, mon seul objectif était de faire un maximum d’argent en un minimum de temps ». Ces propos illustrent précisément les vicissitudes du trading…

Dépasser ses propres limites

Il existe deux types extrêmes de traders bien distincts lorsqu’ils se lancent sur les marchés.

Les avides d’argent facile

Ils pensent à tort qu’on leur servira des billets sur un plateau d’argent et apprennent à leur dépend que négocier sur les marchés exige beaucoup plus d’efforts et de travail que ce qu’ils avaient initialement prévu. Ceci a pour conséquences directe de les décourager à continuer dans cette voie ou de mener à la ruine. En ce sens cet article peut également être utile : illusion de l’argent facile, la ruine assurée

Les avides de connaissances

Et puis il y a les passionnés, ceux qui s’investissent corps et âme pour réussir et qui n’hésitent pas à passer des journées entières à assimiler des connaissances, observer les graphiques, lire et écouter les actualités économiques, ce au détriment de leur qualité de vie.

Ces cas sont extrêmes, certes! Pour réussir au trading il faut consacrer du temps mais aussi savoir se modérer : deux, trois ou quatre heures quotidiennes suffisent amplement à se préparer convenablement à cet art. Quand le trading suscite des privations : loisirs, sommeil, devient facteur d’ isolement, le danger est imminent. Cela peut entraîner des problèmes plus sérieux et affecter la santé mentale et physique.

La remise en question permanente

Les erreurs de jugement sont courantes,  que ce soit dû au stress, à l’envie de trader ou à l’inexpérience, cela est inhérent à l’activité. Pourtant, ce qui différencie un gagnant d’un perdant, c’est que le premier à appris à changer sa façon d’agir, sa manière de penser et a su s’adapter aux exigences du système tandis que le second s’est engouffrer sur la même pente glissante et ses idées reçues. C’est ces raisons que les débutants doivent connaître et prendre conscience des dangers qui les attendent, tout en sachant que l’expérience qu’ils vont acquérir leur apportera elle aussi un lot de déboires. Il faut donc toujours rester vigilant et se forger une bonne mentalité, car c’est la clé du succès sur le long terme ; elle vous permettra non seulement d’être bénéficiaire mais aussi de vous faire plaisir en pratiquant une activité que vous appréciez.

En somme, un bon trader, au delà de sa stratégie est avant tout une personne qui maîtrise sa passion et contrôle ses émotions. L’aspect psychologique est très important ! C’est la barrière nécessaire entre vous et le trading pour empêcher que cette activité ne vire à l’addiction et vous détruise.

Pour éviter cela, il faut apprendre à accepter l’échec et à contenir relativiser le succès. Il existe certaines règles pour pratiquer un trading sain, comme se fixer des horaires par exemple, suivre son plan de trading à la lettre, effectuer des retraits si le capital commence à être trop important de manière à éviter les excès et les prises de risques inutiles. Si les pertes s’accumulent, ou même les gains d’ailleurs, faîtes des pauses, ressourcez-vous, revenez en pleine forme et ne tradez que si la situation vous est favorable.

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1 commentaire

R.R. 19 août 2019 at 3 h 30 min

La recherche d’un profit à court terme sur les marchés financiers est une pratique négative dans le contexte moral et doit donc être évité. C’est de la spéculation et même avec une transaction, on participe à nourrir une pratique qui peut causer de graves dommages à l’économie réelle.

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